19 janvier 2008
dernières lectuures




Bon, eh bien maintenant que j'ai rendu mon propre manuscrit à mon éditeur, il est temps de s'aérer l'esprit et de parler un peu d'autres bouquins.
En voici donc quatre, que j'ai lu récemment et dont je me sens l'envie de vous parler un peu. Un roman, une novella, un recueil de nouvelles, et une revue. On ne peut plus éclectique, donc. Et j'aimerais commencer avec ce petit bijou signé Thomas Day, paru à 2 euros en Folio. Ca faisait bien longtemps qu'une histoire aussi courte ne m'avait pas autant pris aux tripes. Et pourtant, l'histoire de Melchior, Balthazar et Kaspar Hauser, est bien de celle qu'on n'oublie pas une fois le livre refermé. Je ne vais pas vous parler du récit en lui-même, sur d'autres sites on vous fera ça bien mieux que moi. C'est plutôt l'empathie générée par ce texte qui m'intéresse. C'est beau. Superbement écrit. Dès les premières phrases, l'intensité, le merveilleux du récit vous happe et, peu importe si au final il semble y avoir des trous dans l'histoire, car c'est le genre de texte qui se remplit de lui-même et qui, jusqu'à la fin, vous emporte au bord d'un précipice. Vous le savez alors, il vous fera tomber dans un puits sans fond d'émotion. Je suis resté longtemps scotché aux dernières phrases, que j'ai relu plusieurs fois.
Lu également le dernier numéro de la revue Bifrost. Superbe opus consacré à Silverberg. Même s'il manque à mon sens d'une interview, les chroniqueurs m'ont fait me rendre compte que j'avais zappé pas mal de romans du grand monsieur. Au sommaire également, plusieurs nouvelles du bonhomme, dont une dans le cycle Majipoor qui m'a laissé de marbre (j'aime pas du tout ce cycle), et une autre, L’Eglise à Monte Saturno, plus fantastique, dont je me suis délecté. Un très bon texte. Par contre, pas accroché à PV, de Lucas Moreno, mais bon, les nouvelles, dès qu'on nous balance du Adam et Eve (j'en ai écrit aussi, je sais de quoi j'cause), ça me saoûle et je dis ça sans remettre en cause la qualité du texte que j'ai quand même lu jusqu'au bout. Bref, j'ai bien aimé ce numéro. Je suis bien content de m'être abonné.
Je passe très vite sur "La Route" de Cormac McCarthy. Juste pour vous dire qu'un amateur de post-apocalyptique comme moi se devait de lire ce roman. Pas déçu. Une vraie merveille, tout en retenue, épurée, d'une poésie et d'une esthétique incomparables. Une véritable réussite, couronnée par un prix Pulitzer. C'est suffisamment rare, pour un livre de SF, qu'il me fallait le signaler. Bref, lisez ce livre, car il s'agit d'une véritable leçon d'apocalypse. Et d'humanité.
Enfin, je finis en feu d'artifice avec le NOIR DUO de mes amis Sylvie Miller et Philippe Ward, chez Rivière Blanche. Outre la préface, incroyable, avec plus de 100 participations, les textes sont remarquables, quasiment tous. Mes préférences vont à Martha une sympathique nouvelle d'ambiance lovecratienne dont la chute est astucieusement amenée, Le Mur, une très bonne histoire de possession démoniaque dont la chute, encore une fois, laisse pantois. Puis il y a Mau, et cette histoire de chat est inoubliable, Un futur inimitable, une SF déjantée et inédite, dite de type fromagère, qui est avant tout un grand moment d'hilarité. Pour ce dernier texte, permettez-moi de vous remettre, cher Noir Duo, le Grand Munster A-ward 2008 de la meilleure nouvelle ! L'ombre, pour changer, est une belle histoire de SF, poignante, tandis que dans Pas de pitié pour les pachas, le Noir Duo revient à l'humour le plus corrosif. Je ne parle pas de toute les nouvelles, mais, vraiment, je n'ai pas trouvé le moindre déchet. Alors, je vous le dit, ce Noir Duo est une des lectures vraiment indispensables de ce début 2008. Les nouvelles sont éclectiques, à la fois dans leurs genres et leurs thématiques. Ne ratez surtout pas cet événement !
07 janvier 2008
couverture : finalisation !
Voilà les épreuves finales de la couverture de Alone contre Alone qui, je vous le rappelle, sort en mars 2008 !

