30 avril 2009
Virus et Copyright (Hadopi sucks)
Je fredonnais une chanson à la mode, tranquillement installé devant mon ordinateur, quand je compris mon erreur.
Je reçus une décharge électrique dans le doigt qui naviguait sur mon écran tactile, le Coup de Semonce légal.
Un message, sous forme de mise en demeure, s'afficha en lieu et place
du forum que je consultais : "Cette chanson est soumise à copyright et,
selon la législation française, il vous est interdit de l'utiliser sans
en avoir acquis des droits privés."
Aussitôt, un nouveau site, celui de l'ODNDM (Organisme des Nouveaux
Droits des Majors) s'ouvrit sur cette injonction, à laquelle je devais
me plier sous peine de poursuites : "Veuillez entrer votre numéro de
carte bancaire. Votre compte sera débité de 6 euros."
Je soupirai : ce n'était décidément pas ma soirée. Quelques heures plus
tôt, j'avais enregistré la reproduction d'un superbe tableau sur mon
disque dur pour en faire mon nouveau fond d'écran. Je pensais pourtant
avoir vérifié les droits, et n'avais rien vu. Résultat, une plainte
officielle d'un cabinet d'avocats s'était immiscée dans ma boîte mail
dix minutes plus tard. Soit je payais 8 euros, soit des mesures
radicales seraient entreprises contre moi. C'était pas de bol. J'avais
joué au con, tant pis pour moi. 8 euros de moins. Pourtant, c'était pas
faute de savoir que le logiciel d'état CORHPO (Contrôleur Obligatoire
et Raisonnable des Habilitations à Posséder des Œuvres) ne laissait
rien passer et envoyait des notifications à qui de droit lorsque des
infractions étaient commises. Mais il était tard. La fatigue m'avait
ôté une belle portion de lucidité.
Dépité, je voulus éteindre mon ordinateur. Mon antivirus m'alerta alors
d'une infection à haut risque. Je pestai, dans mon petit appartement où
personne d'autre ne pouvait partager ma frustration. La sale soirée
continuait. Je pris néanmoins les choses en mains, et décidai de tout
faire pour l'éliminer. Au bout d'une petite demie-heure, je crus
l'affaire réglée. Je me permis même un "ouf" de soulagement.
C'est alors qu'un nouveau mail m'arriva. Incrédule, je l'ouvris. Et devins livide :
"Cher Monsieur,
Vous avez pris la liberté de supprimer de votre ordinateur le virus
ALDOPI. Nous vous signalons que ce virus est soumis à copyright, et
enregistré légalement par son créateur (selon les dispositions légales
bahaméennes,dont le partenariat avec la France vient d'être validé par
l'Assemblée). Vous avez utilisé cette création, et vous l'avez détruite
illégalement. il vous faut néanmoins la payer. En cas de refus, des
mesures concrètes et légales seront entreprises."
Ahuri, je refermai le mail ; un fou rire me submergea.
Il s'arrêta de lui-même quand, soudain, mon ordinateur grilla.
Un SMS me parvint dans la foulée, qui disait, laconique :
"une assignation à comparaître vous parviendra dans la semaine."
Thomas Geha.
Commentaires
excellent!
J'avais zappé ce texte, mais il est énôrme !
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=24481&pid=13571504
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :